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Lettre de St. Jean

Journal : 
Année : 
1888
Mois : 
2
Jour : 
29
Titre de l'article : 
Lettre de St. Jean
Auteur : 
Rex
Page(s) : 
2
Type d'article : 
Langue : 
Contenu de l'article : 

LETTRE DE ST. JEAN

Politique et Education – Shakespeare – Notes

Il n’est peut-être pas mal pour moi de reproduire quelques-unes des remarques d’un homme d’affaires éminemment pratique avec qui votre correspondant eut occasion de converser, il y a quelques jours, sur l’avenir du Canada. Il a dit : Nos intérêts agricoles peuvent être faits la colonne vertébrale de nos ressources par l’établissement d’écoles d’agriculture scientifique. Plus nous étudions de près la précision des lois de la nature plus nous reconnaissons leur diversité et leur adaptabilité à tous les besoins de l’homme. Elles sont aussi clairement définies dans leurs rapports avec nos exigences qu’elles le sont dans l’admirable système des saisons – le printemps et le temps des moissons. N’était-ce pas pour cela, le pouvoir considérable et toujours pogressif de production causée par l’usage de la vapeur et de l’électricité, combinées avec des moyens scientifiques, aurait causé un surplus de production beaucoup au-dessus des exigences ordinaires de l’homme : mais les lois auxquelles je viens de faire allusion y sont entrées comme une preuve de l’éducation supérieure de l’homme : ses goûts devinrent plus délicats et diversifiés, son amour du beau plus intense et plus vaste, et les productions de l’habile artisan devinrent comme d’une condition essentielle de sa vie de tous les jours.

Ainsi, au lieu d’une éducation générale rétrécissant le champ du travail de l’homme, la nature offre constamment des mots nouveaux que celui-ci est appelé à conquérir. Si les hommes d’état du Canada abandonnaient leur politique de cabaret pour ne consacrer les facultés de Dieu données qu’aux véritables intérêts politiques du pays, c'est-à-dire pour s’appliquer à hausser le niveau de notre peuple plus haut – moralement, financièrement et politiquement, au lieu d’être considérés en certains cas à trop juste titre comme des parasites vivant aux dépends de la commune, ils se feraient honneur à eux-mêmes, et deviendraient une source de bénédictions pour le pays.

Plus je réfléchis sur les remarques de mon ami, plus je vois la fermeté de ses déductions.

Shakespeare eut-il eu à traiter avec de tels hommes il eut certes proclamé qu’ils étaient damnables. C’est ainsi qu’on parlait en son temps. En parlant de Shakespeare, cela me rappelle la réédition de l’immense folio, édition de ses œuvres, au moyen du procéde photographique récemment mis en usage par MM. Funk & Wagnalls, de New-York. L’original se vend de $25.00 à 30.00 la copie, mais en vertu des triomphes de la science moderne, nous pouvons acheter ce folio de 1673 pages fac-simile-photographique pour $2.50 et l’originale des œuvres de Shakespeare peut être lu dans l’attique comme dans la librairie des riches. Cette édition fait revivre le célèbre auteur parmi nous, et permettra au jeune homme studieux de lire et d’étudier Shakespeare dans le texte original et aussi conformément au texte que possible.

Price Webber donne sa dernière conférence à l’Institut ce soir. Il a été très heureux pendant les six semaines qu’il a passées ici.

L’eau et la neige fondue rend toutes les principales rues de la cité presqu impraticables. Par ondroits cette perte est profonde de six à dix-huit pouces.

Geo. Morrison offre 42 centins dans la piastre à ses créanciers payables dans 6, 12, et 18 mois.

Sur ma prochaine j’ôse espérer saluer la venue du papillon et du rouge-gorge.

REX

St. Jean, 21 fév., ’88.