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Lettres

Journal : 
Année : 
1888
Mois : 
1
Jour : 
11
Titre de l'article : 
Lettres
Auteur : 
variés
Page(s) : 
2
Type d'article : 
Langue : 
Contenu de l'article : 

LETTRES

M. le Rédacteur

Quoique la belle et florissante petite ville de Shédiac ait passé plusieurs fois par l’épreuve du feu, ses vaillants villageois ne se laissent pourtant pas aller au découragement.

Nous apprenons que notre intrépide et courageux marchand, M. Fidèle Poirier, doit, ce printemps, commencer à faire construire une magnifique bâtisse de brique sur les ruines de son ancien établissement commercial. M. Poirier aura ainsi fait édifier le premier établissement commercial du genre dans la ville. Il mérite certainement des félicitations. Nous espérons qu’il réussira dans son entreprise.

M. Charles Landry qui a aussi subi sa part de pertes, lors du dernier incendie à Shédiac, est à faire bâtir un magasin avec un hôtel attenant. Ces nouvelles bâtisses seront prêtes à être occupées dans peu de temps maintenant. Les voyageurs ne manqueront pas d’aller faire visite chez M. Landry : c’est la place des huîtres de choix : Vive la Bouctouche, le Caraquette et la St. Simon!

Le spacieux et splendide couvent récemment érigé, tout près de l’église catholique, sur le penchant d’une colline, offre on ne peut un plus beau coup d’œil. Les Religieuses de la Charité sont arrivées jeudi dernier et ont pris immédiatement possession de ce somptueux monument construit et fourni dans les derniers goûts sous l’habile direction de notre bien aimé curé M. l’abbé Ant. Ouellet, qui a vu à ce que toutes choses fussent bien faites jusques dans les moindres détails.

La Révérende Sœur Julienne dirige, et trois autres sœurs travaillent sous ses ordres. La Sœur Julienne a enseigné, munie d’un diplôme de première classe, au Couvent de Bouctouche depuis l’ouverture de cette institution, et avait enseigné ailleurs, avec succès, nombre d’années auparavant. La Sœur Hélène qui contrôle l’enseignement au Couvent de Bouctouche est aussi l’une de nos meilleurs institutrices dans la Province. Cette dernière a obtenu un diplôme de première classe à l’Ecole Normale Laval de Québec et même à Frédericton.
Pas n’est besoin d’ajouter que ces deux institutions méritent l’encouragement qu’on peut souhaiter aux établissements dont l’œuvre est de donner aux jeunes filles une instruction religieuse et classique qui puisse les mettre en état de rendre à la société tous les services possibles dans leur sphère d’action.

Comme il se fait un peu tard, qu’il me serait impossible d’ajouter une communication sommaire quelconque, veuillez agréer, sans cérémonie, mes bons souhaits et me croire

Bien cordialement à vous,

Cosmos.
I. C. R. 2 janvier 1888.

Mon cher Rédacteur,

Un jour du mois de novembre de l’an dernier, une étoile jusqu’alors imperceptible se montrait soudainement à l’horizon. Toute éblouissante, elle s’élançait dans les hauteurs de la voûte azurée comme pour servir de guide aux descendants d’une vaillante mais malheureuse nation.

ÉVANGÉLINE est le nom de cette petite étoile; ÉVANGÉLINE est l’un des noms du pays, du beau pays de nos aïeux qu’elle inonde de sa brillante clarté.

La destinée de cette étoile n’est pas comme celles qui brillent audessus de nos têtes la nuit. Ces constellations sont régies par une puissance divine; celle-ci a besoin, pour atteindre son but et pour vivre, de l’attention spéciale de tous ceux pour qui elle naquit au monde de la littérature.

Chaque famille acadienne doit donc concourir à son maintien dans la sphère où elle est appelée à exercer son influence; chaque famille de cette nation doit reconnaître en elle une protectrice, une avocate sincère, dévouée, et, en conséquence, travailler conjointement pour empêcher qu’elle ne vienne à disparaître comme tant d’autres dont on garde à peine, aujourd’hui le souvenir.

Il est, de nos jours, un malheur, je veux dire cette apathie de certaines gens pour tout ce qui est du domaine intellectuel; pour quoi, au lieu de dormir sur leurs intérêts les plus chers, ces personnes ne mettraient elles pas l’épaule au levier, pourquoi ne montreraient-elles pas qu’elles se soucient du bonheur, du bien-être de la nation?

ÉVANGÉLINE, c’est à toi de réveiller cette indifférence, de secouer cette apathie, arme-toi de courage, travaille et l’avenir dira s’il y a possibilité de faire d’une prévention une prévention favorable là où il y a prévention, de réveiller le zèle national, là où il semble être assoupi.

Courage, bonheur et succès. Tes débuts promettent beaucoup; puisse tous ceux pour qui tu combats seconder généreusement tes nobles efforts.

Tels sont les vœux de l’un de tes meilleurs amis.

Alex. M. Deveau
Météghan-River 7 janvier 1888.

M. le Rédacteur,

Nous avons eu un froid intense depuis la veille de Noël au jour de l’an. La pluie a commencé hier soir, et au moment où j’écris il pleut encore à verse.

Il a été exporté de cette paroisse depuis le premier de décembre 1887, 125 tonnes d’éperlans. N’est-ce pas que Bouctouche va de l’avant?

M. D. D. Landry vient d’ouvrir son magnifique hôtel sous le nom populaire de “l’Hôtel du people.” Cette maison qui a été complètement restaurée à l’intérieur comme à l’extérieur, fournie de meubles du dernier goût, etc, parait-être bien achanlandée.

Le chemin de fer Bouctouche et Moncton doit être mis en opération définitive sur toute la ligne vendredi prochain, jour des Rois.

Le commerce semblait avoir pris vigueur pendant le temps des fêtes; les marchands et hôteliers de la paroisse ont été patronnés plus que d’ordinaire, et généralement il semblait y avoir beaucoup plus de vie ici.

Dès à présent il y a toujours foule d’étrangers dans cette belle petite localité. Tout porte à croire que nos hôtels ne pourront pas contenir tout le monde l’été prochain; tant mieux!

Au Revoir.
Bouctouche, N. B., 2 janvier.