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Vous Etes Français, Taisez-Vous

Journal : 
Année : 
1900
Mois : 
2
Jour : 
15
Titre de l'article : 
Vous Etes Français, Taisez-Vous
Auteur : 
----
Page(s) : 
4
Type d'article : 
Langue : 
Contenu de l'article : 

Vous Etes Français, Taisez-Vous

Depuis la fondation de notre journal nos premiers soucis ont toujours été de nous occuper de tout ce qui tient à l'avancement de nos nationaux. A chaque occasion où quelques uns des nôtres se sont montrés dignes de faire honneur à notre nationalité, nous leur avons donné toute l’assistance en notre pouvoir. C’est notre programme. Nous voulons le suivre en tout et partout. Pour avoir eu le courage d’exprimer la force de nos convictions, nous nous sommes maintes et maintes fois, attiré l’ire de ceux qui nous tolerènt comme français, parce qu’ils ne peuvent l’empêcher mais qui, en même temps, brûlent au fond de leur cœur du désir de nous voir anéanti.

Nous faisons nos compliments à ces messieurs qui nous voient dans de fausses lunettes et qui nous épient continuellement pour trouver quelque chose à redire contre l’impartial parce que ce journal est français. Que l’impartial parle de pêche, ou d’agriculture, ou d’industrie laitière, ou de homarderie, ou de politique; ou qu’il hasarde la moindre critique sur un sujet quelconque; de suite, nous sommes assiegé par des insinuations allant à dire que nous ne parlons que sur leur compte et que nous manquons de loyauté et d’obéissance.

Si ces gens qui agissent ainsi en façon de tsar à notre égard prennent comme Leur tout ce que nous avons occasion de dire à égard de telle ou telle personne, telle ou telle chose, alors ils en ont plus épais sur la conscience que nous nous sommes jamais imaginé, et il est temps de s’écrier avec le psalmiste :

“Délivrez-nous Seigneur.’’

L’Impartial, comme les autres journaux acadiens-français a un devoir à remplir et il le remplira sans crainte et sans peur tout en restant dans les bornes de la loyauté et de l’obéissance dues à l’Eglise et à l’Etat, nonobstant les insinuations de ceux qui veulent nous faire la leçon sur des choses qui n’existent que dans leur imagination surexcitée.

Dire à un français qu’il ne lui est pas permis d’ouvrir la bouche parce qu’il est français, est devenue une chose du passé.