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Votez pour M. N. A. Landry, et vous coopérerez à l’abolition des PITTONS.

Année : 
1891
Mois : 
2
Jour : 
26
Titre de l'article : 
Votez pour M. N. A. Landry, et vous coopérerez à l’abolition des PITTONS.
Auteur : 
Un Electeur
Page(s) : 
3
Type d'article : 
Langue : 
Contenu de l'article : 

Votez pour M. N. A. Landry, et vous coopérerez à l’abolition des PITTONS.

M. l’EDITEUR,

Je viens soliciter un petit espace dans le COURRIER pour dire quelques mots sur la question qui nous occupe aujourd’hui. Dans toutes 1es localités françaises du comté, il n’y a qu’une voix pour demander que les électeurs français s’unissent pour élire un des leurs dans cette élection. J’espère que personne ne voudra taxer cet acte du peuple français, d’injustice. Depuis la Confédération les électeurs du comté de Gloucester ont toujours élu un homme d’origine anglaise; ils ont toujours cédé la place d’honneur aux autres. Aujourd’hui les français de ce comté demandent leur tour, et je ne sais rien de plus juste, put qu’ils […] eux des hommes capables de faire honneur au poste. Loin de moi, M. 1’Editeur de critiquer la conduite de nos représentants du comté de Gloucester à la Chambre Fédérale, ce n’est pas à mon intention. Les français formant la majorité du comté demandent pour la première fois qu’on leur cède la place. Et pourquoi voudrait-on leur contester ce droit qui leur appartient en toute justice? Il ne serait que fair-play que nos messieurs d’origine anglaise, qui sont parvenus aux honneurs par le vote du peuple français, cédassent au moins cette fois en leur faveur je pourrais ajouter en reconnaissance des services […] en ont reçu et leur donnassent main forte dans cette cause.

Un grand nombre de délégués viennent d’être élus afin de représenter chaque paroisse dans une convention à Caraquet. Ces délégués, messieurs les électeurs, ont pour mission de vous choisir un candidat français pour la lutte électorale qui nous occupe aujourd’hui; c’est un mandat de libre vote, que vous, messieurs les électeurs, avez donné à ces messieurs. Permettez-moi de vous dire que c’est un mandat délicat, précieux, important et de plus, un mandat national. Une fois ce candidat choisi, sera ce possible de vous voir reculer et ne pas supporter l’homme de votre choix, laisserez-vous traiter de lâches lorsqu’il vous est si facile de montrer votre force? Il n’en tiendra qu’à vous.

Le mot d’ordre pour nous aujourd’hui, c’est l’Union. Sans l’union pas de succès. C’est l’histoire de tous les pays du globe, vous trouverez que sans l’union chaque peuple, chaque nation a toujours rétrogradé. Secouons, une fois pour toutes, cette antipathie que nous avons manifestée dans nos luttes antérieures, serrons nos rangs, jetons de côté toute personnalité, n’ayons qu’un but; élire un candidat français, et élire celui choisi par la convention à Caraquet. N’allons pas comme je le dis plus haut reculer, au contraire, avançons, servons nous de moyens paisibles et légitimes. Songez bien qu’on rira de nous, si nous manquons au mot d’ordre, Union. Il ne faut pas croire non plus, que, s’il y a un français d’élu, les travaux publics qui sont en marche discontinueront, point de tout, ils se continueront et d’autres se feront encore. Jetons un coup d’œil sur les comtés qui ont toujours été représentés aux Communes par des français, est-ce […] y fait pas des voies ferrées, ne s’y fait-il pas des ponts, des brisesslames, etc.?

D’ailleurs ce n’est pas cette question qui nous intéresse en ce moment, ce sera pour une autre fois. La question vitale, c’est d’être un des […]. Soyons des hommes, unissons-nous, formons nos rangs, allons aux Polls en masse avec la détermination de gaguer la victoire et le jour est à nous.

Par là nous montrerons nos forces et soyons certains, Messieurs les électeurs que nous nous tenons respecter, nous ferons connaître une fois de plus que, lorsqu’il y a une volonté il y a un moyen. Malheureusement il arrive quelquefois que l’on veut jeter de la poudre aux yeux en disant que celui-ci ou celui-là est payé pour dire ou écrire ceci ou cela. Je déclare sincèrement que j’écris indépendamment, sans promesse d’office, ni espoir de récompense d’aucune sorte. Je n’ai qu’un but : servir la cause commune dans un intérêt patriotique et général. Cette cause doit être chère au cœur de tout électeur français du comté de Gloucester.

UN ELECTEUR.