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la Representation française

Année : 
1897
Mois : 
2
Jour : 
25
Titre de l'article : 
la Representation française
Page(s) : 
2
Type d'article : 
Langue : 
Contenu de l'article : 

LA REPRESENTATION FRANÇAISE

Nos lecteurs ont aujourd’hui sous les yeux les éloquents discours de M. Richard, de M. Veniot et de M. Sivewright.

Nos deux représentants ont ajouté beaucoup à leur réputation déjà acquise, et M. Richard s’est tenu à la portée du jugement depuis longtemps prononcé sur lui par le peuple et les chambres. Ces trois hommes figurent aujourd’hui avec les premiers talents, et les hommes le plus en évidence dans notre Législature Provinciale.

Deux d’entre eux sont Acadiens français, double cause de notre gratification et de notre légitime orgueil. Tous deux ont attiré l’attention de la chambre sur les droits de l’élément français à sa représentation dans le Cabinet. Tous deux ont également exprimé leur entière confiance dans l’esprit de justice des membres qui composent actuellement le gouvernement de la province, et ont exprimé d’une manière emphatique et non équivoque, leur conviction, leur persuasion que dans un avenir prochain, l’élément français sera appelé à prendre part aux délibérations administratives.

A Dieu ne plaise que leurs espérances soient réalisées!

C’est une lacune qui n’a plus sa raison d’exister.

Depuis la disparition de M. Pierce Landry de l’enceinte législative – qu’il a quittée pour avancer, à l’honneur des Acadiens, jusqu’à un siège sur le banc de la cour la plus élevée de notre province, où il figure avec distinction à côté des sommités judiciaires britanniques, -- des intervalles sont arrivées où la représentation française laissait peut-être à désirer, et pendant lesquelles M. Blair a pu dire avec raison qu’il n’avait pas la personnel intellectuel nécessaire pour rencontrer les exigeances de la grande minorité de la province.

Il nous est toutefois intimé que M. Blair avait déjà reconnu les talents et les qualifications nécessaires de nos députés, et qu’il attira l’attention de ses collègues sur ce sujet, avant de les quitter pour faire partie de la nouvelle formation du cabinet à Ottawa, où l’appelaient son habilité hors ligne, sa mûre expérience, et son prestige magnétique.

Maintenant la Législature possède dans un des représentants de Gloucester un homme des mieux qualifiés pour la position, dont les connaissances multiples et approfondies des choses de notre province sont bien appréciés de tous ceux qui le connaissent. Il est le plus jeune de la nouvelle phalange française. Peut-être aussi, le plus intrépide, le plus infatigable. Il est connu de tous les français du Nouveau-Brunswick. Il est Veniot dans Kent, Westmorland, Restigouche, comme il est Veniot dans Gloucester. Sa popularité est enviable, et si le gouvernement lui offrait un département administratif, les électeurs Acadiens français de Gloucester le reconduiraient à la capitale avec une majorité triomphale qui ferait honneur à ceux qui l’auraient appelé dans leurs secrets. Bon argumentateur en chambre, c’est sur l’estrade surtout qu’il joue son rôle. Les électeurs anglais se joindraient en majorité à la masse des électeurs français.

Les électeurs de Westmorland en diront peut-être autant de M. Richard. Nous le connaissons : jurisconsulte, érudit, sage législateur, bon orateur, et nous ne doutons nullement de la sincérité de son patriotisme ni de son dévouement, ni de sa loyauté aux choses et aux hommes britanniques. Il ne manque d’aucune des qualités nécessaires chez un membre de cabinet.

Les électeurs de Restigouche pourraient peut-être en dire autant de M. LaBillois. Celui-ci a à son avantage la préséance dans les délibérations de l’administration. Son affabilité, son urbanité, jointes à son honnêté lui ont acquis l’estime et la confiance de ses commettants.

D’autres encore jeunes font également honneur à leurs divisions électorales.

Le gouvernement ne peut plus dire aujourd’hui qu’il est obligé d’attendre pour nous donner justice. La plus grande difficulté sera probablement le choix à faire parmi les plus habiles et les plus capables. Dans cet état de choses un devoir s’impose à tous nos représentants français de s’unir, de s’entendre, et d’admettre le choix du gouvernement avec cet esprit d’abnégation qui seul […] les hommes d’état. Celui qui sera appelé recevra les honneurs et assumera aussi la responsabilité. Celui qui sera mis de côté attendra plus tard son tour, et son esprit d’abnégation lui attirera l’expression généreuse de la confiance et des vœux ardents du peuple, qui sont après tout, la seule récompense que cherche l’homme à l’esprit public.

En attendant le peuple français compte sur l’activité de ses représentants, et leurs efforts ne peuvent manquer de succès. Les ministers accèderont nécessairement lorsqu’ils composeront à leurs consideration à droite d’une minorité juste, intelligente, dévoué, d’un patriotisme élevé; mais uassi, d’un esprit indéprendant formé par la conscience de ses droits et de ses qualifications.

Compatriotes! à l’œuvre!