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Le Français à la Louisiane.

Année : 
1892
Mois : 
2
Jour : 
4
Titre de l'article : 
Le Français à la Louisiane.
Auteur : 
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Page(s) : 
2
Type d'article : 
Langue : 
Contenu de l'article : 

Le Français à la Louisiane.

Nous signalons, avec infimment de plaisir l’apparition de l’Observateur Louisianais, revue mensuelle, politique et libéraire, publiée à la Nouvelle-Orléans. L’esprit de cette nouvelle revue est profondément religieux; et, ce qui nous rejoint aussi, c'est que l’Observateur se pose en défenseur énergique du maintien de la langue française en Amérique. Voici en effet, ce que nous lisons au cour d’un article du premier numéro qui porte la date du 2 janvier :

l.e français était la langue des premiers pionniers de la civilisation en Louisiane.

Celui qui l’a découverte, Lasalle, portait un nom français; et français elle est restée par l’esprit, par le cœur et par les habitudes.

Il est vrai qu’on dit que la langue française tend à disparaître du milieu de nous; mais en tout cas, ce n’est pas encore un fait accompli.

Le français est encore, et sera longtemps, j’ose l’espérer du bon esprit de nos populations, la langue de la famille, la langue du foyer, dans laquelle grands-pères et grand-mamans aimeront à redire à leurs petits-enfants les hauts faits et les vertus des ancêtres.

Oublier la langue de sa mère! non, je ne le puis croire, pas un Louisianais bien né le fera.

Qu’on apprenne l’anglais, la langue du commerce, la langue des affaires; il le faut, et se serait folie de vouloir lutter contre cette nécessité qui s’impose.

Mais est-il besoin pour cela d’abandonner la langue des aïeux?

Comment! A New-York, à Baltimore, à Boston, on se ferait gloire de parler français; et, en Louisiane, on rougirait de la langue de Corneille, de Racine, de Bossuet, de Fenélon, de Châteaubriand et de tant d’autres illustres génies!

Honneur à vous, écrivains de L’OBSERVATEUR LOUISIANAIS, qui venez vous jeter résolument dans la mêlée et combattre le bon combat, et qui voulez le faire dans la langue de nos pères!

Allez, vos arguments n’y perdront rien, ni pour la force ni pour la clarté, si vous ferez le plus acte de patriotisme en rappelant aux Louisianais qu’un peuple doit mettre sa gloire à conserver intacte ses traditions.